Les chercheurs ont conduit leur travail en suivant les lignes directrices Prefered Reported Items for Systematic Reviews and Meta-analyses (Critères d'évaluation recommandés pour les revues systématiques et les méta-analyses, PRISMA) qui servent de référence pour les revues de la littérature. Ils ont fait leurs recherches dans plusieurs bases de données en utilisant des critères d’inclusion et d’exclusion afin de sélectionner les articles pertinents pour leur revue. Après avoir sélectionné les articles, ils ont synthétisé les résultats en fonction du type d’étude, de l’exposition et d’autres critères à l’aide de tableaux ou de graphiques par exemple. Une évaluation de la qualité des articles sélectionnés a été réalisée sur base de critères de qualité des études expérimentales tels que la dosimétrie (c’est-à-dire l’évaluation de la quantité de CEM-RF absorbée par un organisme vivant, exprimée en termes de débit d’absorption spécifique ou DAS) ou les conditions à l’aveugle (lorsque les chercheurs et/ou les participants ne connaissent pas le statut exposé/non exposé aux CEM-RF). Cela permet d'éviter toute influence, même involontaire, sur les résultats).
Plus de 500 études ont été identifiées par les chercheurs. La grande majorité d’entre elles étaient des études expérimentales (90 %). Des effets génotoxiques ont été observés dans certaines études, en particulier celles conduites in vivo et les études épidémiologiques. Les résultats de ces études suggèrent des mécanismes d’action pour expliquer les effets observés, notamment une augmentation de la production de radicaux libres (molécules très réactives susceptibles d’endommager des structures telles que l’ADN) et l’induction d’un stress oxydatif (déséquilibre entre la production de dérivés réactifs de l’oxygène (DRO) et les mécanismes de défense antioxydants du corps). Les chercheurs notent que la plupart des effets observés sont survenus en-dessous des valeurs limites recommandées par la Commission Internationale de protection contre les rayonnements non ionisants (ICNIRP). Face à ces observations, ils recommandent la prise en compte d’un risque potentiel d’effets génotoxiques.
Bien qu’une évaluation de la qualité des études ait été effectuée sur base de critères relatifs aux études expérimentales, les chercheurs n’ont pas réalisé une évaluation complète, incluant notamment le risque de biais. Les biais sont des erreurs systématiques qui peuvent influencer les résultats. De plus, les informations relatives aux critères d’évaluation utilisés n’étaient pas suffisamment précises, par exemple les chercheurs n’ont pas défini ce que signifiait « bonne dosimétrie ». En outre, les mêmes critères ont été appliqués pour les études expérimentales et épidémiologiques. Ces dernières n’ont, par conséquent, pas été évaluées correctement car elles reposent sur des méthodes différentes de celles utilisées dans les études expérimentales. Etant donné leurs différences, ces deux types d’études devraient être évaluées séparément. À noter, les chercheurs mentionnent un manque d’information sur la méthodologie utilisée dans un nombre important d’études incluses, ce qui empêche une évaluation de leur qualité
En conclusion, il s’agit d’être prudent lors de l’interprétation des résultats de cette revue. D’autres investigations doivent être conduites avec une évaluation adéquate de la qualité des études avant de tirer des conclusions sur les potentiels effets génotoxiques des CEMF-RF sur la santé.