Pour cela, ils ont réalisé une étude expérimentale sur des rats albinos mâles Sprague–Dawley, âgés de 3 à 5 mois et pesant entre 250 et 350 grammes. Cette information précise des animaux utilisés est importante pour que d’autres chercheurs puissent reproduire ou comparer les résultats dans des conditions similaires. Les rats ont été répartis en trois groupes de 7 animaux chacun : Le premier groupe est le groupe témoin (non exposé), servant de référence. Les deuxième et troisième groupes ont été exposés aux CEM-RF à une fréquence de 1800 MHz, respectivement 6h et 12h par jour. L’exposition a duré 30 jours pour simuler une utilisation prolongée du téléphone.
Les résultats ont montré que les rats exposés aux CEM-RF présentaient des signes de dégradation des cellules de la glande parotide, comme une inflammation et une augmentation de l’apoptose. Ces effets étaient plus marqués chez les rats exposés 12 heures par jour. Pour évaluer ces effets, les chercheurs ont comparé les rats exposés aux CEM-RF à ceux du groupe non exposé. Par rapport à ces rats non exposés, les rats soumis aux CEM-RF présentaient également une baisse des antioxydants, une hausse des oxydants et une augmentation du calcium dans le sang, des marqueurs typiques de stress oxydatif et d’apoptose. En revanche, aucune différence significative n’a été observée concernant la taille de la glande salivaire entre les groupes.
Concernant la qualité de l’étude, certains éléments sont bien réalisés, notamment la description de la dosimétrie, c’est-à-dire la mesure précise de l’énergie absorbée par les tissus exposés aux ondes électromagnétiques. Cette mesure repose sur le DAS (Débit d’Absorption Spécifique), ou SAR en anglais (Specific Absorption Rate), qui indique la quantité d’énergie des radiofréquences absorbée par le corps, exprimée en watts par kilogramme (W/kg). Dans cette étude, le DAS moyen du corps entier était de 0.117 W/kg.
Cependant, plusieurs limites importantes doivent être soulignées. L’étude n’incluait pas de groupe "sham" clairement défini, ou ne fournissait pas suffisamment d’informations pour confirmer si une condition témoin appropriée avait été mise en place. De plus, l’expérience n’a pas été menée en aveugle, ce qui signifie que les chercheurs savaient quels animaux étaient exposés, ce qui peut introduire un biais involontaire dans l’analyse des résultats (les biais sont des erreurs systématiques qui peuvent influencer les résultats d’une étude, que ce soit dans un sens positif, par exemple en augmentant l’effet, ou négatif en le réduisant. Il est donc important de les prendre en compte lorsqu’on évalue une étude). La température n’a pas été mesurée pendant l’exposition, alors que les CEM-RF peuvent réchauffer les tissus. Cela rend difficile de savoir si les effets observés sont dus à la chaleur produite par l’appareil ou à un autre effet spécifique des CEM-RF elles-mêmes. Enfin, la taille des groupes (7 rats par groupe) reste limitée, ce qui limite la fiabilité des conclusions qu’on peut tirer de l’étude.
Au final, au vu des limites, ces résultats doivent être considérés avec prudence. Aucune conclusion définitive ne peut être tirée sur un lien direct entre l’exposition aux CEM-RF dans cette étude chez des rats et des effets pathologiques chez l’humain. Comme les auteurs l’indiquent eux-mêmes, cette étude peut servir de base pour d’autres recherches, qui devront être plus rigoureuses et reproduites afin de confirmer ou d’infirmer ces observations.