Publication Les cellules cutanées humaines exposées à la 5G ne réagissent pas par une modification de l'expression génétique et des profils de méthylation

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Publication - Santé

Source via PNAS Nexus

Jyoti J, Gronau I, Cakir E, Hütt MT, Lerchl A, Meyer V.

Dans cette étude, les chercheurs ont examiné les potentiels effets de l’exposition aux champs électromagnétiques 5G (CEM-5G) sur des kératinocytes et des fibroblastes. Les kératinocytes sont des cellules de la peau. Ces cellules produisent une protéine appelée kératine qui confère à la peau résistance et imperméabilité. Elles jouent également un rôle crucial dans la protection des dommages de la peau liés aux rayonnements ultraviolets (UV) et dans la défense immunitaire de la peau, par exemple lors d’une blessure ou d’une infection. Les fibroblastes sont des cellules présentes dans le tissu conjonctif qui est un tissu du corps humain, présent notamment dans la peau. Ce tissu a un rôle de « ciment » entre les différents constituants de notre corps et assure ainsi la cohésion entre les cellules, les tissus et les organes. Les fibroblastes peuvent également être impliqués dans la réponse aux signaux de stress cellulaire comme, le stress oxydatif, qui résulte d’un déséquilibre entre la production de dérivés réactifs de l’oxygène (ROS) et les mécanismes de défense antioxydants du corps. Le stress oxydatif peut entraîner des dommages aux cellules et tissus sains du corps.

Pour chacun des deux types de cellules, les chercheurs ont formé plusieurs groupes de cellules : exposées aux CEM-5G 27 GHz ou exposées aux CEM-RF 40,5 GHz, pendant 2 heures ou 48 heures. Pour chaque groupe d’exposition, il y avait un groupe dit contrôle positif, exposé à un rayonnement UV, connu pour provoquer des effets négatifs sur les cellules de la peau et un groupe dit contrôle négatif, ou « sham ». Cette condition « sham » nécessite de placer les cellules dans les mêmes conditions que les cellules exposées à l’exception du système d’exposition qui est éteint. Cela permet de s’assurer qu’une différence entre deux groupes (exposé par rapport à « sham »), si elle existe, est due à l’exposition et non à un autre paramètre de l’environnement de test qui diffèrerait entre les deux groupes. Les expériences ont été réalisées à l’aveugle, c’est-à-dire que les chercheurs ne savaient pas quelles cellules avaient été exposées ou non aux CEM-5G, afin d'éviter toute influence sur les résultats, même involontaire. Chaque expérience a été répliquée 3 fois afin de s’assurer que les résultats soient toujours les mêmes. La température des incubateurs où étaient placées les cellules a été contrôlée.

Après l’exposition, les chercheurs ont examiné l’ADN (matériel génétique) des cellules et sa méthylation. La méthylation signifie qu’un groupement CH3 (un atome de carbone et 3 atomes d’hydrogène) se fixe sur l’ADN. Elle peut avoir différents effets, comme par exemple modifier la lecture (expression des gènes) ou la réparation de l’ADN. Il s’agit d’un processus essentiel pour le bon fonctionnement du corps humain. Son dysfonctionnement peut contribuer au développement de diverses maladies.

Les résultats n’ont pas montré de différence significative entre les groupes exposés aux CEM-RF et le groupe « sham ». Il n’y a pas d'indication d’altération de l’ADN ou de sa méthylation par l’exposition aux CEM-RF.

Cette étude est de bonne qualité. Les chercheurs ont respecté plusieurs critères importants, notamment, les conditions d’exposition, l’utilisation de groupes « sham », les conditions à l’aveugle et le contrôle de la température de l’incubateur. Il aurait toutefois été plus précis de contrôler la température au niveau des cellules directement. Les conclusions tirées par les chercheurs à partir de cette seule étude apparaissent prématurées. Ces résultats doivent être approfondis et reproduits avant de pouvoir conclure à un effet.