Pour chacun des deux types de cellules, les chercheurs ont formé plusieurs groupes de cellules : exposées aux CEM-5G 27 GHz ou exposées aux CEM-RF 40,5 GHz, pendant 2 heures ou 48 heures. Pour chaque groupe d’exposition, il y avait un groupe dit contrôle positif, exposé à un rayonnement UV, connu pour provoquer des effets négatifs sur les cellules de la peau et un groupe dit contrôle négatif, ou « sham ». Cette condition « sham » nécessite de placer les cellules dans les mêmes conditions que les cellules exposées à l’exception du système d’exposition qui est éteint. Cela permet de s’assurer qu’une différence entre deux groupes (exposé par rapport à « sham »), si elle existe, est due à l’exposition et non à un autre paramètre de l’environnement de test qui diffèrerait entre les deux groupes. Les expériences ont été réalisées à l’aveugle, c’est-à-dire que les chercheurs ne savaient pas quelles cellules avaient été exposées ou non aux CEM-5G, afin d'éviter toute influence sur les résultats, même involontaire. Chaque expérience a été répliquée 3 fois afin de s’assurer que les résultats soient toujours les mêmes. La température des incubateurs où étaient placées les cellules a été contrôlée.
Après l’exposition, les chercheurs ont examiné l’ADN (matériel génétique) des cellules et sa méthylation. La méthylation signifie qu’un groupement CH3 (un atome de carbone et 3 atomes d’hydrogène) se fixe sur l’ADN. Elle peut avoir différents effets, comme par exemple modifier la lecture (expression des gènes) ou la réparation de l’ADN. Il s’agit d’un processus essentiel pour le bon fonctionnement du corps humain. Son dysfonctionnement peut contribuer au développement de diverses maladies.
Les résultats n’ont pas montré de différence significative entre les groupes exposés aux CEM-RF et le groupe « sham ». Il n’y a pas d'indication d’altération de l’ADN ou de sa méthylation par l’exposition aux CEM-RF.
Cette étude est de bonne qualité. Les chercheurs ont respecté plusieurs critères importants, notamment, les conditions d’exposition, l’utilisation de groupes « sham », les conditions à l’aveugle et le contrôle de la température de l’incubateur. Il aurait toutefois été plus précis de contrôler la température au niveau des cellules directement. Les conclusions tirées par les chercheurs à partir de cette seule étude apparaissent prématurées. Ces résultats doivent être approfondis et reproduits avant de pouvoir conclure à un effet.