L’étude s’est déroulée à Vienne, en Autriche. Les chercheurs ont recruté des volontaires par le biais d’annonces distribuées dans l’espace public. Ils ont ensuite réparti de façon aléatoire les individus dans deux groupes : un avec une exposition aux CEM-RF « faible » (20 individus) et un avec une exposition CEM-RF « élevée » (21 individus). Le niveau d’exposition « élevé » ne dépassait toutefois pas les limites d’exposition recommandées par la Commission Internationale pour la Protection contre les Rayonnements Non Ionisants (ICNIRP). L’exposition utilisée pour cette étude est une exposition locale. Les participants ont été exposés au niveau d’une joue (droite ou gauche) à l’aide d’une casque. L’expérience comprenait une phase d’acclimatation de 20 minutes avant la phase d’exposition de 2 heures. Au total, les individus étaient exposés pendant 5 jours. Juste avant l’exposition et trois semaines après, des cellules de l’intérieur de la joue des participants ont été prélevées. Pour ne pas fausser les résultats, il a été demandé aux participants d’utiliser un kit main libre trois semaines avant l’exposition et trois semaines après. De plus, des informations concernant l’utilisation du téléphone mobile et des potentiels facteurs de confusion, c’est-à-dire qui pourraient avoir une influence sur les résultats (visite chez le dentiste ou des saignements de gencives) ont été récoltés. Pour cela, les participants ont rempli un journal quotidien, trois semaines avant la date de l’exposition et trois semaines après. La durée des appels a été relevée ainsi que la durée d’utilisation du kit main libre.
Au total, 41 individus ont été inclus dans l’étude : 20 femmes et 21 hommes, âgés en moyenne de 29 ans. Les résultats n’ont pas montré d’effets néfastes de l’exposition au niveau des chromosomes (par exemple la présence de micronoyaux). En revanche, les chercheurs ont observé une augmentation significative du nombre de cellules ayant deux noyaux (au lieu d’un seul) et du nombre de cellules montrant des signes de dégradation ou de mort cellulaire dans les échantillons de cellules prélevées chez les individus exposés à un niveau « élevé » de CEM-RF, par rapport à ceux exposés à un niveau « faible ». Cela indique la survenue d’un problème lors de la division des cellules.
Les chercheurs concluent que l’exposition aux CEM-RF n’entraine pas de lésions au niveau des chromosomes des cellules de la bouche. En revanche, leurs résultats suggèrent un effet néfaste au niveau du cycle cellulaire et une toxicité pour les cellules.
Nous notons que les expériences ont été réalisées en double aveugle. Ceci fait partie des critères de qualité car elle signifie que ni les chercheurs, ni les participants ne connaissaient le statut d’exposition aux CEM-RF (droite ou gauche, élevée ou faible), de manière à éviter d’influencer les résultats, même de façon non-intentionnelle. Toutefois, cette étude comporte plusieurs limites qu’il est important de mentionner. Les chercheurs ont pris en considération un petit nombre de facteurs de confusion, par exemple certains participants étaient fumeurs. Cela a donc pu avoir une influence considérable sur les résultats puisque le tabagisme est une cause reconnue de cancer de la bouche et que par conséquent il affecte les cellules buccales. De plus, les groupes n’étaient composés que d’un petit nombre d’individus (20 et 21).
Par conséquent, il s’agit de rester prudent quant à l’interprétation des résultats de cette seule étude.