Pour ce faire, ils ont réalisé ce que l’on appelle une revue systématique, c’est-à-dire qu’ils ont cherché, à l’aide de mots-clés pertinents, dans les moteurs de recherche rassemblant les articles scientifiques du monde entier, les études qui se sont penchées sur cette question. Après cette étape, et avec les études identifiées, ils ont réalisé des méta-analyses. Une méta-analyse met en commun les résultats de plusieurs études pour en sortir une synthèse globale. Cette méthode permet d’augmenter la quantité de données qu’on analyse, ce qui renforce la confiance dans les résultats des analyses statistiques.
L’équipe de recherche s’est focalisée sur deux sujets de recherches :
- les études analysant l’impact des champs magnétiques (2G, 3G, 4G, 5G) sur l’activité du cerveau quand l’individu est éveillé mais au repos, yeux ouverts ou fermés ;
- les études analysant l’impact des champs magnétiques (2G, 3G, 4G, 5G) sur l’activité du cerveau quand l’individu est éveillé et qu’il est en train d’effectuer une tâche.
Les deux types d’études impliquaient d’exposer des volontaires aux CEM-RF, et d’analyser l’activité de leurs cerveaux grâce à un électroencéphalogramme (ou « EEG », un examen médical qui permet d’enregistrer l’activité du cerveau et de la représenter sous forme de graphique).
L’équipe de recherche a identifié 51 études qui correspondaient aux deux sujets de recherche : 31 concernaient l’impact des CEM-RF sur le cerveau en état d’éveil au repos et 20 concernaient l’impact des CEM-RF sur le cerveau en train de réaliser une tâche.
Avant de réaliser les méta-analyses, ils ont aussi vérifié qu’une série de critères de qualité étaient rencontrés et ont donné une sorte de score de qualité scientifique à chaque étude. Il fallait par exemple que les études aient été réalisées :
- Avec un nombre suffisant de données à exploiter ;
- Avec un design randomisé, c’est-à-dire que les participants aux études étaient aléatoirement placés dans le groupe exposé ou non-exposé, ce qui permet d’éviter une sélection à priori ;
- Avec un système d’exposition contrôlé, ce qui permet de s’assurer que les résultats observés étaient bien attribuables à l’exposition étudiée et pas à autre chose ;
- Avec le respect de conditions à l’aveugle, ce qui signifie que les chercheurs qui analysent les résultats ne savent pas, au moment de comparer les groupes, lequel a été exposé et lequel ne l’a pas été. Cela évite qu’ils ne soient influencés par leurs propres à priori lorsqu’ils décrivent et interprètent les résultats.
Cependant, les auteurs notent qu’aucune étude incluse dans la méta-analyse ne respectait l’ensemble de ces critères de qualité.
L’équipe a observé trois résultats principaux :
- Ils ont observé un effet de l’exposition à des CEM-RF de la 2G sur l’EEG quand l’individu est au repos et qu’il a les yeux ouverts ;
- Ils n’ont pas observé d’impact des CEM-RF sur l’activité électrique du cerveau lorsque celui-ci est en train de réaliser une tâche, qu’elle soit auditive ou visuelle. Les auteurs en concluent que les impacts des CEM-RF sont moins prononcés lorsque le cerveau est en activité que lorsqu’il est au repos ;
- Ils ont observé que toutes les études sur le sujet qu’ils ont pu rassembler dans leur revue systématique ont des méthodologies tellement différentes que leurs résultats sont difficilement comparables.
En conclusion, les auteurs invitent à faire en sorte que toutes les prochaines études sur le sujet soient menées en respectant les critères de qualité et des méthodes standardisées d’expérimentation de façon à être plus fiables et comparables entre elles.