En parallèle, les chercheurs ont divisé de manière aléatoire les étudiants en deux groupes distincts : Un premier groupe a reçu des informations sur l’état actuel des connaissances concernant les CEM-RF et l’absence de preuves scientifiques d’un effet sur la santé. L’autre groupe ne recevait aucune information. Les participants du premier groupe ont rempli le questionnaire portant sur les symptômes deux fois, avant et après l’intervention, le second une seule fois.
Au total, 132 étudiants ont participé à l’étude : 63 dans le groupe participant à une séance d’information sur les CEM-RF (le « groupe d’intervention ») et 69 dans le groupe n’ayant pas reçu l’information (le « groupe sans intervention »). Les groupes étaient comparables en termes d’âge et de répartitions homme/femme. Cependant, 19 participants du groupe d’intervention ont abandonné l’étude et n’ont pas complété le questionnaire après l’intervention réduisant le nombre de participant du groupe d’intervention à 44 participants. Le nombre d’utilisateurs intensifs était légèrement plus élevé dans le groupe sans intervention (56.5 %) comparé au groupe d’intervention au complet (49.2 %). En revanche, le groupe réduit après l’intervention, en raison des abandons, présentait une minorité d’utilisateurs intensifs (31.8 %).
Les chercheurs suggèrent que l’apport de connaissances lors de l’intervention a sans doute eu un effet positif sur le nombre de symptômes rapportés. Cependant les groupes sans intervention et d’intervention (au complet) n’étaient pas comparables car les personnes du groupe sans intervention rapportaient déjà davantage de symptômes. De plus, aucun test statistique n’a été effectué afin de comparer les groupes entre eux. Par ailleurs, le nombre de participants est relativement faible et du fait de la méthode de recrutement au sein d’une université, les résultats ne sont pas généralisables à la population générale. La méthodologie utilisée par les chercheurs reste d’ailleurs peu précise et manque de clarté. Par exemple, aucune information précise n’a été fournie sur le contenu exact des formations données aux participants ayant reçu l’intervention. En outre, l’utilisation du téléphone mobile a été rapportée par les participants eux-mêmes, ce qui peut introduire des biais, par exemple : si le participant ne se souvient pas avec précision de son utilisation, c’est ce qu’on appelle un biais de rappel. Une autre limite importante concerne l’absence de contrôle des facteurs de confusion qui pourraient influencer les résultats, que ce soit lors du processus de sélection des étudiants ou lors des analyses. En effet, les symptômes rapportés peuvent avoir d’autres origines que l’exposition aux CEM-RF provenant du téléphone mobile. Le stress, la consommation d’alcool ou de drogues, ainsi que certaines pathologies peuvent, par exemple, avoir des effets néfastes sur le sommeil et sa qualité. Il est donc nécessaire de les prendre en compte.
Par conséquent, il n’est pas possible de tirer des conclusions quant à l’utilité éventuelle de séances d’information au sujet des CEM-RF sur la base de cette étude qui présente de nombreuses limites.