Publication Association entre l'exposition aux ondes électromagnétiques couramment utilisées et les pathologies de grossesse et de naissance chez les femmes de Yazd : une étude de cohorte

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Publication - Santé

Razavimoghadam, M., Sefidkar, R. et al.

Dans cette étude, l’équipe de recherche a voulu vérifier si l’exposition à des champs électromagnétiques de radiofréquences (CEM-RF) durant la grossesse pouvait influencer une série de pathologies liées à la grossesse et à la naissance.

Pour ce faire, les auteurs ont mené une étude de cohorte, c.-à-d. une étude qui suit les participants durant plusieurs années, ce qui permet d’observer la survenue ou non de certaines pathologies selon l’exposition ou non à certains facteurs sur le long terme. Dans cette étude, les auteurs ont inclus 2137 participantes de la cohorte « Yazd mother and child cohort center » qui ont été suivies de 2015 à 2019. Des données manquant pour 417 d’entre elles, ils ont réalisé des analyses statistiques sur un échantillon de 1666 personnes. Les analyses statistiques visaient à comparer les effets de santé entre les femmes les plus et les moins exposées aux CEM-RF durant leurs grossesses respectives.

Comme CEM-RF couramment présents dans le quotidien, les auteurs ont considéré : les téléphones mobiles (nombre et durée des appels), les téléphones sans fil (nombre et durée des appels) et les appareils connectés au Wi-Fi (présence d’un routeur au domicile et sur le lieu de travail, fréquence d’allumage et durée d’utilisation). Ces données ont été auto-rapportées par les volontaires par le biais de questionnaires. Comme pathologies liées à la grossesse et à la naissance, les auteurs ont considéré : les fausses couches, les accouchements prématurés, des anomalies de poids et de taille des nouveau-nés, ainsi que des anomalies de circonférence du crâne des nouveau-nés. Les auteurs ont aussi inclus des données démographiques telles que la profession, le niveau d’éducation et l’âge des mères. Enfin ils ont inclus une série de facteurs de confusion, c.-à-d. des facteurs externes à l’association étudiée (ici, l’effet des CEM-RF sur les pathologies de grossesse et de naissance), mais qui pourraient influencer les résultats. Dans cette étude, les facteurs de confusion considérés étaient : les antécédents médicaux, les antécédents d'exposition aux rayons X ou aux rayonnements magnétiques (IRM) et la présence de lignes électriques et/ou d’antennes-relais de téléphonie mobile (BTS) à proximité du domicile.

Les auteurs ont observé que plus les appels téléphoniques passés par les femmes enceintes (avec des téléphones mobiles) étaient longs, plus le risque de fausse couche, et d’anomalies du poids ou de la taille des nouveau-nés augmentaient. Par contre, ils n’ont pas observé de lien ni avec les accouchements prématurés, ni avec des anomalies de circonférence du crâne des nouveau-nés.

Malgré le retrait de nombreuses données car incomplètes, les chercheurs ont pu réaliser les analyses sur un grand nombre de participantes (1666). Cependant, rien n’indique que le lien entre les appels téléphoniques et les pathologies étudiées soit dû aux CEM-RF des téléphones mobiles. De plus le fait que les expositions aient été auto-rapportées par les participantes induit des biais de mémoire. Il serait intéressant de reproduire des études similaires en incluant d’autres variables telles que le type d’appel téléphonique (qui pourrait impacter le niveau de stress), la distance du téléphone au corps (à l’oreille ou en kit main libre) durant les appels, l’intensité des CEM-RF émis par les téléphones mobiles durant les appels, ou toute autre variable qui pourrait être liée au fait de passer plus ou moins d’appels dans son quotidien.